A ma chère amie : l'anxiété

Mis à jour : sept. 24

Aujourd'hui je dédie mon attention quelque chose qu'à la fois je connais bien, pour l'avoir vécu régulièrement et depuis longtemps, mais aussi que je découvre en profondeur seulement maintenant : l'état d'anxiété.


Quand j'était adolescente, je la percevais à peine. J'était trop occupée à sortir et étudier et quand vraiment ça n'allait pas très bien, je me refugiais dans un monde imaginaire. Ca fonctionnait plutôt bien. Quand j'ai commencé à m'ouvrir plus au monde et participer à la construction de ma réalité, elle es devenue un poids qui m'empêchait d'accomplir tout ce que je désirais. Les semaines chargées et productives en apparence étaient suivies de jours entiers de procrastination, d'apathie, de stress, et de sentiment que "quelque chose va me tomber sur la tête". J'avais le sentiment que je prenais du retard et que le monde continuait à courir sans moi. Le moindre effort pour sortir de ma zone de confort (ou juste sortir) me plongeait dans un état de peur et de résistance, accompagnés d'excuses.

Ce que j'ai fais : je luttais, je me lançais dans mille activités et distractions, je me rassurais, je m'engeulais, je me forçais, je lisais beaucoup de livres sur l'anxiété et le bouddhisme (petit clin d'œil), je dormais et je mangeais beaucoup, je jouais à la détective ("est ce que la cause de mon angoisse est liée aux problèmes de santé, à mon entourage, à mon alimentation, à l'état actuel du monde, au fait que j'ai pas fais de sport depuis 1 semaine ou à une vie passée?"). Parfois ça marchait, je retrouvais mes énergies et je repartais à l'assaut du monde. Et parfois, il n'y avait rien à faire, elle était toujours là.

Elle attendais patiemment que je termine mon petit cirque et mes agitations et quand je me glissais dans le lit épuisée, elle mettait sa main noire et griffue sur mon cœur et ma poitrine et serrait. Il n'y avait plus qu'elle et moi.

Je jurais, je pleurais, je faisais la mielleuse, je marchandais ("si je regarde ce film drôle, tu me lâche?"), je faisais l'indifférente, ou je suppliais de me montrer un signe pour en sortir. Rien. Juste cette sensation de poids écrasant la poitrine, un niveau d'énergie à 0 et le sentiment de ne rien valoir. Je n'avais plus qu'à traverser les journées et prier que je me réveille en pleine forme et légère le lendemain (et aussi que le monde serait compatissant et m'ouvrira les bras quand je sortirais enfin). Cependant, cette fois, quelque chose a changé. Depuis un moment déjà, j'ai particulièrement conscience de toutes les informations qui m'entourent (livres, films, paroles, ambiances, événements, personnes). Je savais par expérience que si je posais une question, la réponse viendrais à moi sous une forme ou une autre, et que je devais être attentive pour la percevoir. J'ai donc émis le souhait de connaître mieux mon anxiété. La réponse est venue sous forme d'un livre : Wisdom of Anxiety de Sheryl Paul. Me faisant confiance, j'ai parcouru les chapitre aléatoirement, m'attardant sur certains passages, ignorant d'autres. Ce que j'ai lu m'a soulagé et a changé ma façon de percevoir l'anxiété. - Et si une des manières d'approcher l'anxiété ou en général toute émotion que nous considérons comme négative (peur, colère, jalousie) est la curiosité. Plutôt que de fuir à tout prix et se réfugier dans les distractions, il serait intéressant pour une fois de se pencher dessus. Quelle texture, quelles sensations elle provoque, qu'est ce qu'elle nous fait faire?


- Et si nous répondions aux émotions négatives avec de l'empathie, compassion et douceur? -Et si nous pratiquions le Tonglen (pratique de respiration crée par Pema Chödrön qui consiste à inspirer tout ce que l'on veut éviter, comme l'anxiété, et expirer ce qu'on désire, comme la paix, le soulagement, et la force). - Et si nous ralentissions pour être plus conscient de nous mêmes?


- Et si nous pratiquions la gratitude? - Et si nous acceptions que la progression, l'apprentissage et la vie en général ne sont pas une ligne droite mais plutôt une spirale au centre de laquelle nous nous trouvons?

- Et si l'état d'apathie, comme la saison de l'hiver, est simplement un terrain de préparation aux nouvelles idées qui ne vont pas tarder à arriver?


- Et si nous acceptions qu'il n'y a pas moyens de tricher avec la vie, que l'anxiété et les sentiments négatifs font partie de l'expérience humaine? Qu'il n'y pas moyen de sauter les étapes, aller vite et avoir une guérison instantanée? Patience. - Et si nous acceptions d'être dans l'ambivalence? se sentir anxieux n'empêche pas d'avancer, tout comme être triste n'empêche pas d'avoir de la gratitude. Je n'ai pas découvert le remède à l'anxiété. Elle est toujours présente. Mais j'apprends à la tolérer, l'accepter, et m'intéresser à elle et dans ce processus je découvre la patience, la gratitude, le respect et la douceur envers moi même et toutes les personnes qui vivent la même chose. Alors, chère anxiété, je te remercie.



Instragram de Yumi Sakugawa : petites illustrations poétiques sur l'anxiété, les émotions et de nombreux autres sujets https://www.instagram.com/yumisakugawa/

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